Lors du colloque national Dephy 2021 organisé par la cellule d’animation Dephy le 2 février 2021, des pistes ont été envisagées pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto 2 + (renforcement du plan Ecophyto 2). « Le réseau a pu démontrer que la réduction des produits phytosanitaires était possible partout, avec un maintien de la rentabilité économique, et en adaptant les diverses solutions techniques à chaque situation », introduit Virginie Brun, cheffe de projet Dephy au niveau national.

En définitive, « tout est au vert », indique Xavier Reboud (directeur de recherche à l’Inrae) mais l’enjeu aujourd’hui est de « massifier » et « d’inspirer » pour augmenter le nombre d’agriculteurs engagés.

Mieux valoriser les efforts et diversifier les revenus

Trouver un système attractif pour les agriculteurs, de manière à avoir une rémunération supplémentaire, constitue un enjeu important pour les différents intervenants. L’agriculture biologique est une solution, mais des initiatives existent aussi chez certaines coopératives qui appliquent des différentiels de prix dans leurs cahiers des charges (filière CRC par exemple). Aujourd’hui, cette question de rémunération se pose d’autant plus avec la montée en puissance de la certification « haute valeur environnementale » (HVE).

Le partage du risque sur l’ensemble de la filière est également un point clé, sur lequel certains distributeurs se positionnent déjà « avec une posture d’actions », précise Marie Stankowiak (ISA Lille). C’est le cas de la filière qualité Carrefour qui définit, en concertation avec les producteurs et pour chaque filière, une rémunération supérieure (jusqu’à 15 %). Cette notion de partage de risque peut aussi s’envisager au sein des coopératives, quoique plus difficile pour vérifier les mesures mises en place par les agriculteurs : la traçabilité permise par les outils numériques pourra alors être mobilisée.

Outre une rémunération supérieure pour services rendus, le champ de la diversification est aussi à explorer. C’est notamment le cas de la méthanisation et de la valorisation des CIVE (cultures intermédiaires à vocation énergétique), qui permettent de « libérer des marges de manœuvre », précise Xavier Reboud. Plus globalement, il est nécessaire, selon lui, de revoir la comptabilité agricole afin d’intégrer des performances sociales et environnementales, autres que marchandes.

Communiquer auprès des agriculteurs et des consommateurs

Le réseau Dephy a un rôle important à jouer dans le transfert des connaissances auprès des agriculteurs. Cette ambition sera poursuivie aussi bien dans le conseil collectif que le conseil individuel pour s’adapter aux besoins de chacun, précise Philippe Noyau, président de la chambre régionale d’agriculture du Centre-Val de Loire.

À lire aussi : Une nouvelle plateforme web pour les collectifs d’agriculteurs (20/01/2021)

Mais la communication passe aussi par le consommateur, maillon essentiel de la chaîne alimentaire, mais dont les comportements d’achat sont parfois contradictoires vis-à-vis de la demande sociétale. « Le consommateur peut s’y perdre car il est confronté à une diversité de labels, contenant différentes exigences », indique Julien Fosse, de France Stratégies. La certification HVE est un bon exemple : « Ce dispositif jeune est en déficit de notoriété chez le consommateur et un travail de communication doit être mené pour que ce dernier comprenne bien le différentiel de prix. »

Charlotte Salmon